CUIR #1 – Définitions et provenances

Qu’est-ce que le cuir ?

« Le cuir est de la peau animale, rendue imputrescible (tannée), fruit de la transformation opérée par les tanneries et les mégisseries », Fédération Française de la Tannerie Mégisserie [1].

« Le cuir est le produit de la transformation de la peau d’animaux. Il peut s’agir de la peau de bovins, ovins, caprins, reptiles et poissons. Pour la rendre imputrescible, il faut la traiter. C’est ce qu’on appelle le tannage, qui sera soit minéral soit végétal », Conseil national du cuir [2].

Voici des définitions que nous pouvons trouver sur l’internet. Notons que les représentants français de la filière du cuir insistent sur le fait que le mot « cuir » ne peut être employé pour nommer une matière se voulant proche de la texture du cuir, fabriqué à partir d’autres ressources que nos chers animaux non-humains.

Donc de la peau, tannée, de bovins, ovins, poissons, reptiles, etc. peut, elle, être dénommée cuir. A l’inverse de la peau de fruits (tel que l’ananas) ou fabriquée de matières synthétiques, ne peut pas recevoir le saint grâle de l’appellation cuir (décret 2010-29 du 8 janvier 2010). Nous trouvons également sur le site du Conseil national du cuir, qu’utiliser le terme « cuir » pour désigner une matière issue de végétaux est un contresens…

Remarques :

Les mots désignant des produits d’origine animale sont très protégés. Prenons l’exemple de l’industrie laitière, qui s’est battue pour que les laits, yaourt, fromages végétaux ne puissent plus être dénommé de la même façon que les produits laitiers. Ainsi, les producteurs concernés se voient dans l’obligation d’étiqueter leurs produits « boisson de soja » au lieu de « lait de soja ». Pourquoi le mot boisson ne fait pas l’objet d’autant de protection ? Tout simplement parce qu’il n’y a pas de lobby derrière le mot « boisson ».

Devons-nous voir ici un moyen de nous contraindre à suivre un même chemin ? Ou pire encore à diviser, en mettant d’un côté ceux qui porte du cuir (du vrai), et ceux voulant usurper cette identité  ? Les mots peuvent réunir, comme ils peuvent séparer. A coup de textes de loi, cette industrie fait tout pour garder l’exclusivité du mot cuir et cela peut avoir comme effet de vouloir justifier d’un certain prestige, d’une certaine propriété et de faire passer ce message : il n’existe qu’un seul cuir, celui provenant des animaux. Fin de la diversité.

Bon à savoir

La filière française du cuir représente 25 milliards dʼeuros de chiffre dʼaffaires,
dont 10,6 milliards d’euros à l’export [3].

D’où provient le cuir ?

Excepté pour les animaux exotiques essentiellement élevés pour leur peau (reptiles par exemple), les peaux brutes proviennent majoritairement de la même chaine de production que celle de la viande. Nous avons donc ici deux catégories de provenance de cuir.

Les cuirs issus des animaux de ferme

Environ 40% des profits tirés d’un animal sont destinés à l’industrie du cuir [4]. L’industrie de cuir joue donc un rôle déterminant dans la perpétuation de l’élevage et de l’abattage des animaux « de ferme ». Parmis ces derniers, nuos retrouvons les bovins (vachette, veau), les ovins (mouton, agneau, chèvre, chamois, daim). Celui que nous retrouvons le plus dans nos magasins est incontestablement le cuir provenant des bovins.

Bon à savoir

La Chine est l’exportateur mondial n°1 de cuirs issus des animaux de ferme, en y ajoutant parfois des peaux de chats et de chiens [5].

Les cuirs exotiques

Une diversité sans pareille. Puisqu’il est possible, non sans mal, de produire du cuir à partir de n’importe quel peau, les cuirs exotiques désignent les peaux issues des fermes d’élévage d’animaux exotiques (crocodiles, serpents par exemple) ou de « chasse régulée », sans oublier le trafic illegal. Les cuirs exotiques vont donc du cuir d’éléphant au cuir d’autruche, au passant par le cuir de poisson [6].

L’industrie de la mode apprécie ce type de cuir car en fonction de son origine, le grain du cuir sera indéniablement différent. Ce sont également pour la plupart des matières premières pour produire des produits de luxe, de part leur rareté, leurs caractéristiques et le savoir-faire qu’elles requièrent.

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